Spurgeon : « La Bible est amplement suffisante »

 

J’aime lire Spurgeon. J’aime son style, j’aime sa verve, j’aime sa manière d’aborder sans détour les sujets les plus complexes de la vie chrétienne. Le « prince des prédicateurs » m’a pourtant longtemps intimidé. Il faut dire que la plupart des biographies qui circulaient en français le présentaient comme un saint homme, à la limite de l’impeccabilité. Et puis j’ai découvert ses luttes avec la dépression, celles avec l’alcool et le tabac, et surtout celles avec l’orgueil. Et puis j’ai découvert son humour (qui, il est vrai, n’est pas au niveau du mien) et surtout son immense compassion pour ceux qui luttent avec le péché (voir ici et ici).

C’est pourquoi, lorsque les amis d’Impact Héritage m’informent de la réédition de l’un des textes les plus percutants de Spurgeon, je peux que me réjouir et vous le recommander. Procurez-vous sans tarder cet ouvrage ici, et lisez-le sans tarder. C’est une véritable mine d’or.

Voici un extrait de l’introduction pour vous mettre l’eau à la bouche.

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Les Saintes Écritures sont cette « tour de David, bâtie pour servir d’arsenal, où sont suspendus mille boucliers, les boucliers des hommes vaillants ». Si nous voulons des armes, c’est ici, et ici seule- ment, que nous devons les prendre. Que nous désirions l’épée pour attaquer ou la cuirasse pour nous défendre, nous devons les trouver dans le Livre inspiré. Si d’autres ont des magasins de munitions ailleurs, je confesse que je m’en tiens à celui-là. Je n’aurai plus rien à prêcher quand j’aurai épuisé la Bible. Je n’ai même aucun désir de prêcher si ce n’est que pour expliquer les doctrines contenues dans les pages de ce Livre. Qu’y a-t-il ailleurs qui vaille la peine d’être prêché ? Frères, la vérité de Dieu est le seul trésor que nous cherchons, et les Écritures sont l’unique endroit où il se trouve.

 

 

Nous n’avons pas besoin d’autre chose que ce qu’il a plu à Dieu de nous révéler dans la Bible

Certains esprits errants ne sont à l’aise que dans les nuages. Ils aspirent après quelque chose qu’ils ne trouveront jamais, je le crains, « ni dans les cieux en haut, ni sur la terre en bas, ni dans les eaux plus basses que la terre. » Ils ne sont jamais en repos ; ils ne veulent pas admettre une révélation infaillible, et se condamnent ainsi à errer éternellement sans trouver nulle part une cité permanente. Pour le moment, ils sont glorieux d’avoir inventé un nouveau jouet, mais, dans quelques mois, ils s’amuseront à mettre en pièces les systèmes qu’ils ont préparés avec tant de soin et exhibés avec tant de plaisir. Ils ne gravissent la colline que pour la redescendre. Ne disent-ils pas que la poursuite de la vérité est préférable à la vérité elle-même ? Ils aiment mieux le plaisir de la pêche que le pois- son qu’ils prennent. En fait, ils ont bien raison, car leur poisson est rare et contient beaucoup d’arêtes. Pour se rendre intéres- sants, ces gens-là sont aussi habiles à détruire leurs théories que certains mendiants à déchirer leurs habits. Leur maison n’est jamais construite parce que les fondations sont constamment ébranlées. Bien qu’il n’y ait rien de commun entre leur nuage et celui dans lequel, jadis, la Divine Présence habitait, le leur aussi marche constamment devant eux, et leurs tentes sont à peine dressées quelque part qu’il est déjà temps de les replier. Ces hommes ne cherchent pas la certitude, et leur vie n’a pas d’étoile fixe. Ils suivent les feux-follets de la spéculation scientifique ; ils apprennent sans cesse sans jamais parvenir à la connaissance de la vérité.

De notre côté, nous jetons l’ancre dans le port de la Parole de Dieu. C’est là où se trouvent notre paix, notre force, notre vie, notre espérance et notre bonheur. Notre intelligence s’écrie : « J’ai trouvé ! » Notre conscience affirme : c’est là que réside la Vérité. Notre cœur y trouve l’appui de toutes ses affections, et c’est ainsi qu’il est heureux et satisfait.

 

 

Si la révélation de Dieu n’est pas suffisante pour notre foi, que pouvons-nous y ajouter ?

Qui peut répondre à cette question ? Qu’oserions-nous proposer comme ajout à la Parole sacrée ? Si l’on nous proposait d’accepter la parole humaine la plus attrayante comme parole de Dieu, nous la repousserions avec dédain. Voudrions-nous coudre des haillons à un vêtement royal ; ajouter des cailloux aux diamants de Golconde ? Il nous semble absurde de croire et de prêcher autre chose que ce que la Parole de Dieu place devant nous comme étant l’idéal de la vie. Pourtant, nous sommes en présence d’une nouvelle généra- tion d’hommes qui cherchent sans relâche un nouveau moteur, un nouvel Évangile pour leurs Églises. La couverture de leur lit n’étant pas assez longue, ils veulent emprunter un peu d’étoffe au rationalisme, à l’agnosticisme ou même à l’athéisme. Soit ! S’il y a quelque force spirituelle, quelque puissance céleste en dehors de la Bible, nous pourrons nous en passer. Nous nous en porte- rons même mieux. Les Écritures sont, dans leur sphère propre, comme Dieu dans l’univers. Ce sont en elles que se trouvent toute la lumière et toute la force dont l’esprit de l’homme a besoin spirituellement. Si l’on nous parle d’une autre force que celle contenue dans les Écritures, nous n’y croyons pas. Voici un train qui a déraillé, ou qui, pour une quelconque raison, ne peut plus avancer.

Une équipe de secours arrive. On attelle plusieurs locomotives au train immobile ; mais elles ne bougent pas ; il faudrait plus de vapeur. Un petit garçon s’approche ; il pense à une solution de secours : « Papa, dit-il, puisqu’ils n’ont pas assez de force motrice, je pourrais leur prêter mon cheval de bois ? » On nous a offert, ces derniers temps, un nombre considérable de chevaux de bois pour la cause de l’Évangile. Bien qu’ils aient fait beaucoup de promesses, il est vrai qu’ils n’ont pas fait grand- chose. En réalité, je crains qu’ils n’aient fait plus de mal que de bien. De fait, ils ont grandement contribué à vider les lieux de culte et à détourner bon nombre de gens de la foi. Après avoir vu les nouveaux jouets qu’on leur offrait, les auditeurs se sont tournés vers des choses nouvelles. Ces prétentieuses vanités n’ont fait aucun bien. Elles n’en feront jamais ! Seule la Parole de Dieu est suffisante pour intéresser les âmes et les sauver, et ce rai- sonnement est valable pour toutes les époques. Les nouveautés ne durent pas.

Mais si quelqu’un me disait : « Nous avons sûrement le droit d’ajouter nos pensées à celles de la Bible. » Je lui répon- drais : « Mon frère, vous pouvez penser tout que vous voudrez, mais les pensées de Dieu sont meilleures que les vôtres, et vous n’avez pas le droit de les mettre sur le même pied. » Vous pou- vez jeter au vent de belles pensées, comme les arbres laissent aller leurs feuilles en automne, mais il est quelqu’un qui connaît mieux vos propres pensées que vous-même et qui en a une bien pauvre opinion. N’est-il pas écrit : « L’Éternel connaît les pen- sées de l’homme ; elles ne sont que vanité » ? Quelle absurdité de comparer vos pensées à celles de Dieu ! Chercheriez-vous le soleil avec une chandelle à la main ? Voudriez-vous ajouter votre néant à l’infini pour le remplir ? Il vaut mieux rester silencieux devant le Seigneur que de prétendre compléter ce qu’il a dit. Les conceptions humaines ne sont qu’un désert de sable comparé au jardin de la Parole de Dieu. Dans les limites du Livre sacré, nous sommes sur la terre où coulent le lait et le miel. Alors pourquoi y ajouterions-nous les plaines désolées de la spéculation humaine ?

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie, et directeur des formations #Transmettre. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary) et il vient de défendre avec succès sa thèse de doctorat en Ancien Testament (University of Aberdeen). Il est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Guillaume est marié à Elodie. Ensemble, ils sont les heureux parents de Jules.