La théologie de l’alliance face aux principales autres positions

Mon ami Pascal Denault participait samedi 5 octobre dernier à colloque sur la question des alliances, une première en francophonie, à ma connaissance. Fait rare, cette conférence organisée par SEMBEQ donnait la parole à des représentants de différentes écoles de pensée. Ainsi, Pascal défendait la Théologie de l’Alliance dans sa version réformée baptiste (ci-après, TA), Gilles Despins le dispensationnalisme (DIS), et René Frey la théologie de la nouvelle alliance (TNA).

Pour les participants, l’intérêt d’un tel colloque est de pouvoir comparer les différentes approches et de confronter leurs arguments phares. À cet effet, Pascal avait préparé quelques schémas particulièrement éclairants qu’il n’a malheureusement pas eu le temps de diffuser.

Ce sont ces schémas que je vous propose de découvrir dans cet article.

 

 

1- TA réformeé baptiste vs. TA presbytérienne

 

 

Il convenait, pour Pascal, de distinguer clairement sa compréhension de la TA de celle de la majorité des presbytériens (notamment ceux qui adhèrent à la vision d’Herman Witsius). Il s’agit probablement de la position dont nous sommes la plus proche, néanmoins des points de désaccords subsistent.

• Points d’accords : d’une part l’existence d’une « alliance des oeuvres« , ou plutôt d’une « alliance de la création » brisée en Adam et à laquelle toute l’humanité est assujétie, et d’autre part une « alliance de grâce » dans laquelle tous les croyants régénérés sont inclus.

• Points de désaccords : la nature de l’alliance de grâce, l’identité des membres de l’alliance de grâce, la continuité/discontinuité de l’alliance mosaïque, etc.

• Pour aller plus loin : Théologie des Alliances – Série d’articles

 

 

 

2- TA vs DIS

 

 

Ce schéma reprend les thèses du dispensationnalisme classique. La plupart des théologiens DIS contemporains tendent plutôt vers une vision « progressive » de cette approche (voir par exemple ce qu’en dit Florent Varak ici). J’étais d’ailleurs frappé par la présentation de Gilles Despins qui, tout en défendant le DIS classique, prenait ses distances en plusieurs points de la formulation de Charles Ryrie.

• Points d’accord : La distinction ontologique entre Israël et l’Église, les justification par la foi seule, etc.

• Points de désaccord : Le type d’herméneutique invoqué, l’existence d’une alliance des oeuvres et d’une alliance de rédemption, place des dix commandements, eschatologie, etc.

• Pour aller plus loin : Dispensationnalisme : et si John MacArthur avait raison ? – Quelle est la place d’Israël dans le plan de Dieu ? – Voilà pourquoi j’ai changé de point de vue au sujet du millenium

 

 

 

3- TA vs. TNA

 

 

La version que René Frey a défendu lors de ce colloque ressemblait de très près de celle de Tom Wells et Fred Zaspel mais quelque peu différente de celle que François Turcotte avait formulée dans Coram Deo (voir ici).

• Points d’accord : même perception de l’Eglise comme l’Israël de Dieu, conditionnalité de l’alliance mosaïque, herméneutique semblable, etc.

• Points de désaccord : existence de l’alliance des oeuvres et de l’alliance de grâce, source de l’éthique chrétienne, nature et origine de l’Eglise, etc.

• Pour aller plus loin : Théologie de la Nouvelle Alliance : et si Don Carson avait finalement raison ? – Que penser de la Théologie de la Nouvelle Alliance?

 

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur de l'Église réformée baptiste de la Trinité, à Montréal (Québec, Canada). Il s'intéresse particulièrement à l'exégèse et à l'intertextualité de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).