Pourquoi Jésus ne connaissait-il ni le jour, ni l’heure de son propre retour ?

 

Comment comprendre que Jésus ne connaissait ni le jour, ni l’heure de son propre retour (Mt 24.36) ? Le grand Benjamin B. Warfield lui-même semble en être perplexe :

La réelle difficulté de ce verset […] ne réside pas dans la déclaration du fait de l’ignorance de la part de notre Seigneur. Quiconque croit aux deux natures confesse déjà l’existence d’un esprit limité en Jésus, et suivant le principe bien connu de la communio idiomatum, l’utilisation du terme ‘le Fils’ ne crée ici aucune difficulté […]. La réelle difficulté réside dans le fait du type d’ignorance qui est déclaré. Pourquoi l’esprit humain du Christ même devrait-il être ignorant justement de ce fait ? Il y a « de profondes choses de Dieu » qui, nous pouvons le comprendre, peuvent bien demeurer impénétrables par tout esprit créaturel – quand bien même il serait personnellement uni au Logos divin. Mais ici, l’ignorance est affirmée de ce qui semble être un fait suffisamment simple en lui-même pour que n’importe quel esprit humain puisse aisément le saisir à condition qu’il lui soit présenté.

 

Warfield propose quatre hypothèse non exclusives dans sa recension de six livres sur le kénotisme (Presbyterian and Reformed Review, Vol. 10, n°4 [oct. 1899], p. 700-725) :

[1] Il y a pu avoir une si grande multitude d’autres faits à saisir, d’une importance immédiate plus grande, pour l’esprit humain du Christ que, afin qu’il puisse accomplir l’œuvre qui lui avait été donnée de faire, ses capacités d’attention et de perception étaient épuisées avant qu’il ait pu considérer ce fait particulier. […]

[2] Ce fait peut être enveloppé d’une si grande multitude d’autres faits sans lesquels il ne peut pas être saisi de manière intelligible qu’un esprit créaturel ne puisse nécessairement pas l’appréhender parce qu’il est incapable de saisir l’ensemble complexe de faits et de relations duquel son appréhension dépend. […]

[3] Il se peut, après tout, qu’il y ait un mystère inhérent des temps et des saisons de la Seconde Venue que nous ne soupçonnons pas (cf. Act.1.7) qui les rendent impossibles à connaître d’avance par un esprit créaturel. […]

[4] Cette ignorance du jour et de l’heure de sa Seconde Venue a pu faire partie des conditions sous lesquelles il devait accomplir l’œuvre de médiation, de sorte que leur connaissance a été délibérément tenue par le Logos hors de portée de l’esprit humain amené à son contact dans la personne du Christ, et leur ignorance délibérément acceptée par l’esprit humain lui-même, et donc l’ignorance, quoique réelle, pourrait avoir aussi été, dans un sens véritable, purement économique.

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie, et directeur des formations #Transmettre. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary) et il vient de défendre avec succès sa thèse de doctorat en Ancien Testament (University of Aberdeen). Il est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Guillaume est marié à Elodie. Ensemble, ils sont les heureux parents de Jules.