Comment les femmes peuvent-elles s’épanouir dans une Eglise complémentariste ?

« Comment les femmes peuvent-elles s’épanouir dans une Eglise complémentariste réservant les rôles d’ancien et de pasteur à des hommes ? » Le 15 février dernier, j’étais à Tramelan (CH) pour débattre avec Marie-Noëlle Yoder sur le sujet de la masculinité et de la féminité biblique, et plusieurs questions du public allaient dans cette direction.

C’est une question qui revient souvent et qui m’étonne toujours autant : pourquoi donc les femmes seraient-elles moins épanouies si elles n’y remplissent pas de fonction pastorale ou si elles choisissent volontairement de suivre la direction de leur mari ?

Quoi qu’il en soit, puisque cette question est posée, il convient d’y répondre. Voici quelques éléments de réflexion.

 

 

Pleine suffisance et pleine satisfaction des Ecritures

Il me semble tout d’abord qu’il faut souligner la pleine suffisance des Ecritures, et plus spécifiquement dans la pleine satisfaction qu’elles confèrent : Dieu révèle dans sa Parole tout ce dont l’homme et la femme créés à son image ont besoin pour être heureux. Vu sous cet angle, les commandements de Dieu —y compris en matière de masculinité et de féminité—sont tous des dons de la grâce profondément rafraîchissants et satisfaisants pour ceux qui s’y soumettent, car ils émanent d’un Dieu ayant à coeur les meilleurs intérêts de ses créatures.

C’est là le moteur de la satisfaction et de la joie des soeurs de mon Eglise qui adhèrent pleinement à l’approche complémentarienne : elles trouvent en Jésus-Christ et en sa parole la source de leur épanouissement.

 

 

Une surévaluation de la fonction pastorale

Je crois également que cette question dérive d’une surévaluation de la fonction pastorale. Souvent, dans les discussions de ce type, le pastorat ou le rôle d’enseignant sont vus comme un but à atteindre, une sorte de graal de tous les ministères, un sommet spirituel auquel il faudrait se hisser.

Il est vrai que l’enseignement de l’Eglise entière est un aspect central de la vie d’une communauté, mais il est loin d’être le seul et surtout il y a d’autres opportunités d’enseigner (et je ne parle pas ici uniquement des enfants en bas-âge). Certaines femmes de mon Eglise possèdent un don d’enseignement indéniable, et c’est mon travail et celui des autres anciens de leur offrir l’opportunité de l’exercer selon les paramètres bibliques. C’est ce que nous tentons de faire, par la grâce de Dieu.

A mon sens, le pastorat et l’enseignement ne sont pas les appels le plus élevés au sein d’une Eglise locale. C’est plutôt le discipulat qui l’est : cet appel, directement donné par le Christ à l’Eglise en Mt 28.18-20, est universel (il s’adresse à tous les croyants), irrévocable, et inconditionnel. C’est l’appel le plus glorieux, celui qui me procure, à titre personnel, le plus de plaisir et de satisfaction.

 

 

Des femmes peuvent enseigner, dans les Églises complémentaristes

D’autre part, dans la plupart des Églises complémentariennes francophones, certaines femmes exercent un ministère d’enseignement. À vrai dire, ce sont seulement certains contextes spécifiques qui sont réservés, non à tous les hommes, mais aux anciens de l’Eglise (consultez notre série d’articles ici).

À titre personnel, je suis favorable à ce que des femmes puissent intervenir ici et là lors de réunions de groupes (réunions de quartier, groupes d’études spécifiques, discipulat, etc.) et prennent dans l’Eglise des responsabilités impliquant un enseignement récurrent. Les seuls segments d’enseignements strictement réservés aux anciens sont ceux qui sont ouverts à l’Eglise entière (cultes, études bibliques, formations, etc.) ou qui impliquent clairement une dimension de direction de l’ensemble de l’Eglise.

 

 

 

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