5 doctrines fondamentales de l’hindouisme

 

J’enseigne actuellement le cours L’évangile et les grandes religions du monde pour le compte de SEMBEQ (ce cours est enregistré et restera accessible par la suite), et je m’aperçois du manque criant de ressources introductives et apologétiques sur certaines des grandes religions du monde.

Où donc pouvons nous trouver de bonnes sources sur ce sujet ? J’aimerais tout d’abord vous recommander le livre d’Irving Hexham, À la rencontre des religions du monde, traduit spécialement par Impact Académia pour ce cours (vous pouvez en lire un extrait ici et le pré-commander le ). Vous pouvez également consulter certains sites spécialisés, comme celui de notre partenaire jesus-islam.fr.

Quant à nous, nous avons créé une nouvelle catégorie d’articles – Autres religions – dans lesquels nous produiront ponctuellement des ressources au format blogging. Notez également qu’une formation #Transmettre sur ce sujet devrait avoir lieu au cours du dernier semestre de 2021. Plus d’informations bientôt !

L’article ci-dessous a été publié en 2009 sur le blog de Christian Research Institute par Dean C. Halverson, spécialiste des religions du monde, et Natun Bhattacharya, lui-même ancien hindou travaillant aujourd’hui avec Mission Training International. Je l’ai légèrement adapté pour qu’il corresponde à nos besoins.

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Connaître l’hindouisme est d’une importance capitale pour la mission mondiale. Il y a environ huit-cent millions d’hindous dans le monde, dont un million environ qui résident aux États-Unis. Notre objectif est de vous donner quelques conseils pour témoigner à cette communauté (c’est ce que nous ferons dans un prochain article). Mais il est important que vous ayez au préalable une certaine compréhension du contexte historique et philosophique de l’hindouisme.

Les origines de l’hindouisme remontent aux religions polythéistes et ritualistes qui étaient pratiquées vers 1500 avant J.-C. dans la vallée de l’Indus, en Inde. Au commencement, ces rituels étaient si simples que les pères de famille pouvaient les accomplir. Mais au fil des siècles, ils sont devenus de plus en plus complexes. L’époque védique (autour de 1200 av. J.C.) témoigne de l’émergence d’une classe de prêtres spécialement formés pour effectuer ces rituels. C’est également à cette époque qu’ont été rédigées les écritures hindoues connues sous le nom de Vedas, dont l’un des principaux objectifs est de transmettre les principes cultuels qui doivent être appliqués par les prêtres.

Ces prêtres vont rapidement acquérir un rôle clé dans le système hindou, notamment en raison de leur capacité exclusive à apaiser les dieux. Mais leur immense pouvoir va conduire à une révolte populaire autour de 600 av. J.C. Une forme mystique d’hindouisme, se concentrant davantage sur l’individu plutôt que sur le prêtre, va émerger de cette période trouble.

 

Les Upanishads ont été écrits entre 800 et 300 avant J.-C. Ils exposent l’idée que derrière les nombreux dieux se trouve une seule réalité, appelée Brahman – une force impersonnelle et moniste (« tout est un »). La forme la plus élevée de Brahman est appelée nirguna (« sans attributs ni qualités »). Le concept hindou de Dieu a continué à se développer même après la rédaction des Upanishads. Le nirguna brahman est devenu le saguna brahman, le Brahman « avec attributs », qui est aussi appelé appelé Isvara, l’être à la source de la création.

Selon la tradition hindoue, Isvara s’est fait connaître à l’humanité par le biais des Trimurti (« trois manifestations ») de Brahman. Ces manifestations sont Brahma (le Créateur), Vishnu (le Conservateur) et Shiva (le Destructeur). Isvara se personnifie encore davantage à travers les dix incarnations mythiques, ou avatars, de Vishnu sous forme d’animaux et de personnes. Au-delà des principales divinités de la Trimurti, on estime qu’il existe 330 millions d’autres dieux dans l’hindouisme.

La diversité de l’hindouisme et sa capacité à absorber une telle diversité dans un seul système de croyance sont étonnantes. Cela peut provoquer des situations intéressantes, par exemple lorsque cette religion est “exportée” dans un autre pays. Hinduism Today rapporte qu’à Nashville (Tennessee), les hindous responsables de la construction du temple local ont envoyé un bulletin de vote pour décider quelle serait la divinité centrale, car il y avait des adorateurs de Kali, de Krishna et de Shiva dans leur région. C’est le choix de Ganesh qui a été démocratiquement retenu.

 

L’hindouisme est divisé sur la façon dont l’univers est connecté à la réalité ultime, qui est Brahman. Les advaita non-dualistes considèrent que seul Brahman est réel et que le monde est illusoire (maya). Une autre école non-dualiste, vishishtâdvaita, affirme la réalité à la fois de Brahman et de l’univers —  l’univers s’étendant à partir de l’Être de Brahman. La principale école dualiste, dvaita, considère que Brahman et l’univers sont deux réalités distinctes.

Bien que l’hindouisme soit très diversifié, la plupart des hindous adhèrent aux croyances suivantes :

  1. La nature impersonnelle de Brahman. Les hindous considèrent la réalité ultime, Brahman, comme une unité impersonnelle qui existe au-delà de toutes les distinctions, y compris les distinctions personnelles et morales.
  2. L’unité Brahman-atman. Les hindous croient qu’ils sont, dans leur moi véritable (atman), une extension de Brahman et ne font qu’un avec lui. Tout comme l’air à l’intérieur d’un bocal ouvert est identique à l’air qui l’entoure, notre essence est identique à l’essence de Brahman.
  3. Le problème est l’ignorance. Le principal problème de l’humanité est que nous ignorons notre nature divine. Nous avons oublié que nous nous développons à partir de Brahman, et nous nous sommes “attachés” par erreur aux désirs de nos égos séparatistes. En conséquence, nous sommes exposés à la loi du karma : chacune de nos actions entraine des effets qui se répercutent sur nos différentes vies, formant ainsi notre destinée.
  4. Samsara (réincarnation). Le samsara désigne la roue sans fin de la vie, de la mort et de la renaissance. La loi du karma fait que nous récoltons dans cette vie les conséquences de nos actions accomplies dans les vies précédentes. Le karma d’une personne détermine le type de corps – de l’humain à l’insecte – dans lequel elle se réincarnera dans sa prochaine vie.
  5. Moksha (libération). La solution au problème de “l’attachement” et du karma est la moksha – la libération du cycle de la vie, de la mort et des multiples renaissances. Cela ne peut se produire que lorsque nous réalisons réellement que notre moi séparatiste est en fait une illusion, et que seule l’unité indifférenciée de Brahman est réelle.

 

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie, et directeur des formations #Transmettre. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary) et il vient de défendre avec succès sa thèse de doctorat en Ancien Testament (University of Aberdeen). Il est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Guillaume est marié à Elodie. Ensemble, ils sont les heureux parents de Jules.