Que penser des témoignages d’apparition de Jésus ?

 

J’enseigne à partir de ce soir un cours sur les mouvements religieux contemporains dans le cadre du programme de formation d’aumôniers de SEMBEQ. Pour préparer cette formation, j’ai été amené à consulter différentes ressources, dont l’ouvrage d’Irving Hexham récemment traduit en Français, À la rencontre des religions du monde (pré-commandez le ici).

La réflexion ci-dessous discute de ce que l’auteur appelle « expériences primales », incluant notamment les fameuses rencontres avec Jésus.

**

 

Dans son livre révolutionnaire Visions of Jesus, le professeur d’université canadien Phillip H. Wiebe documente le fait qu’en Amérique du Nord, les visions de Jésus sont bien plus courantes que la plupart des gens le conçoivent et des gens de tous les horizons déclarent avoir rencontré Jésus. Ces expériences surviennent dans des songes, dans des apparitions en plein jour et dans un état de « demi-sommeil ». Ce que les gens qui font ces expériences ont en commun est le fait qu’ils reconnaissent immédiatement Jésus et ne doutent aucunement de l’identité de celui qu’ils ont rencontré. Ils sont nombreux à affirmer que Jésus leur a parlé et s’est identifié avant de leur confier un message. D’autres l’ont simplement vu. Des histoires comme celles que Wiebe a colligées sont également monnaie courante en Afrique et dans d’autres parties du monde, bien qu’en Inde les gens soient plus susceptibles de rencontrer Krishna que Jésus.

Wiebe s’est étonné de constater qu’une minorité importante des personnes qu’il interviewait décrivaient leur expérience comme étant très émouvante et inoubliable, sans pour autant qu’elle ait changé quoi que ce soit à leur vie. Or, ce témoignage contrastait fortement avec celui de la majorité des gens, qui lui affirmaient que leur rencontre avec Jésus avait transformé leur vie et les avait transformés en chrétiens convaincus.

Lorsque nous avons interviewé des membres d’une grande Église charismatique de Durban, en Afrique du Sud, ils nous ont dit avoir eu des réactions similaires. Certains nous ont expliqué qu’ils avaient rencontré Jésus ou un ancêtre qui les avait dirigés vers Christ. Des personnes interviewées nous ont aussi rapporté que des amis et des proches n’étant pas chrétiens avaient vécu des expériences similaires. Ceux-ci s’étaient toutefois tournés vers des religions africaines traditionnelles, ou dans un certain cas, vers l’islam.

Ces visions de Jésus sont remarquablement semblables à d’autres visions et expériences étranges qui surviennent dans différents contextes religieux et séculiers. Les Africains rencontrent leurs ancêtres, les bouddhistes ont des visions de Bouddha, les hindous disent rencontrer des dieux comme Krishna, les Juifs affirment recevoir la visite de proches morts durant l’Holocauste et les musulmans font des expériences impliquant de grands saints islamiques. En Occident, des gens disent voir des ovnis et rencontrer des extraterrestres.

Dans la plupart des cas, les expériences primales que les gens rapportent reflètent la culture dans laquelle ils vivent et, en géné- ral, leurs propres antécédents religieux. Bien entendu, il y a des exceptions, comme le sadhou Sundar Singh (1889-1929), qui a raconté sa rencontre avec Jésus lorsqu’il était un jeune sikh. Cet événement a transformé sa vie, et il est devenu un missionnaire chrétien des plus efficaces5.

On rapporte d’autres types de rencontres avec Dieu qui ne sont ni chrétiennes ni païennes, mais qui préparent des personnes etdes groupes à accepter le christianisme. Le prophète Ntsikana issu du peuple Xhosa, en Afrique du Sud, en est un bon exemple. Après avoir vécu une série d’expériences primales hors du commun dans le contexte de la religion traditionnelle des Xhosas, il a composé ce qui s’est fait connaître comme son « Grand cantique » à la gloire du seul vrai Dieu, celui qui avait promis d’envoyer ses messagers auprès du peuple Xhosa. Ce cantique, et la prédication de Ntsikana, l’ont amené ainsi que des milliers d’autres Xhosas à épouser le chris- tianisme lorsque des missionnaires sont arrivés dans leur région.

Les formes que prennent ces expériences primales varient selon le contexte social et culturel prédominant. Elles transforment normalement une vie, bien que dans un petit nombre de cas elles n’y changent rien. On les considère alors comme étant simplement inexplicables. Or, comme nous l’avons vu dans les entrevues de Wiebe, cela s’avère aussi dans de véritables rencontres avec Christ.

Lorsqu’une personne dit qu’une telle expérience a transformé sa vie, celle-ci devient une expérience-limite qui ouvre la porte à un nouveau mode de vie. Comme Augustin l’a fait remarquer, tout ce que cela démontre, c’est que nous avons tous été créés avec un désir inné de Dieu susceptible de nous conduire, comme cela a été le cas d’Augustin, dans de nombreuses mauvaises voies avant de finalement nous mener à la connaissance du vrai Dieu tel que la Bible nous le révèle.

 

 

 

Ces ressources pourraient vous intéresser :

 

Abonnez-vous au Bon Combat

Recevez tous nos nouveaux articles directement sur votre boîte mail ! Garanti sans spam.

Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie, et directeur des formations #Transmettre. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary) et il vient de défendre avec succès sa thèse de doctorat en Ancien Testament (University of Aberdeen). Il est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Guillaume est marié à Elodie. Ensemble, ils sont les heureux parents de Jules.