Si vous voulez vraiment prier, souvenez-vous que vous êtes misérables

 

Voici un extrait de L’institution de la religion chrétienne (III.20) dans lequel Calvin liste trois pré-requis pour une prière authentique.

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Un vif sentiment de notre indigence et de ses remèdes est nécessaire

La seconde loi doit être, qu’en priant nous sentions toujours notre indigence et notre pauvreté, et qu’étant persuadés à bon escient que nous avons besoin de tout ce que nous demandons, nous conjoignions une ardente affection à nos requêtes.

Car plusieurs barbotent leurs prières par acquit4, ou les lisent de leurs livres comme s’ils faisaient des corvées à Dieu ; et bien qu’ils confessent que la façon de prier doit provenir d’un désir cordial, parce que ce leur serait un grand malheur d’être destitués de l’aide de Dieu, qu’ils implorent : toute- fois il est clair qu’ils s’en acquittent comme par coutume, vu que cependant ils sont froids comme glace en leur cœur, et ne pensent point à ce qu’ils demandent…

Or il faut que les fidèles se gardent bien de jamais se présenter devant la face de Dieu pour rien demander, sinon qu’ils le désirent ardemment, et même qu’ils désirent l’obtenir de lui. Comme quand nous supplions que le nom de Dieu soit sanctifié (Mat. 6.9 ; Luc 11.2), nous devons, par manière de dire, avoir faim et soif de cette sanctification.

 

 

Il est donc toujours opportun de prier

Si quelqu’un objecte que nous ne sommes pas toujours pressés et contraints d’une nécessité égale, je le confesse…

Toutefois ce que dit S. Paul ne laisse pas cependant d’être aussi vrai : qu’il nous faut prier en tout temps (Éph. 6.18 ; 1 Thess. 5.17 […]. Et si nous considérons bien le nombre infini des dangers qui nous sont sur la tête, et sans fin et sans cesse nous menacent, la crainte et l’étonnement5 ne nous souffriront point d’être nonchalants, mais nous enseigneront qu’il y a occasion de prier à chaque heure…

 

 

La vraie prière requiert la repentance

Par cette règle, la porte est fermée à toute hypocrisie et à toutes les astuces et sophisteries que les hommes inventent pour mentir à Dieu : telles gens, dis-je, sont repoussés bien loin du privilège d’invoquer Dieu, qui promet qu’il sera près de tous ceux qui l’invoqueront avec vérité, et prononce que ceux qui le chercheront de tout leur cœur, le trouveront (Ps. 145.18 ; Jean 9.31) […].

Et de fait, c’est bien raison que ceux qui ferment leurs cœurs, trouvent les oreilles de Dieu closes, et que ceux qui provoquent sa rigueur par leur dureté, le sentent inexorable […].

À quoi revient le dire de S. Jacques : Vous priez, et vous n’obtenez rien, parce que vous priez mal, afin de vous déborder en voluptés (Jacq. 4.3)… ; toutefois l’avertissement de S. Jean n’est point superflu, que nous sommes certains de recevoir de lui ce que nous lui demanderons, parce que nous gardons ses commandements (1 Jean 3.22).

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie (SEMBEQ • FTE-Acadia • ITF), et directeur des formations #Transmettre. Docteur en théologie (Ph.D., University of Aberdeen, 2021), il est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Guillaume est marié à Elodie et est l'heureux papa de Jules.