Quand les Évangiles corroborent un récit historique du Ier siècle

 

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Commençons par Josèphe qui explique comment les Juifs considéraient en général la défaite de l’armée d’Hérode Antipas face à son voisin le roi des Nabatéens Arétas IV vers l’an 36.

Or, il y avait des Juifs pour penser que, si l’armée d’Hérode avait péri, c’était par la volonté divine et en juste vengeance de Jean surnommé Baptiste. En effet, Hérode l’avait fait tuer, quoique ce fût un homme de bien et qu’il excitât les Juifs à pratiquer la vertu, à être justes les uns envers les autres et pieux envers Dieu pour recevoir le baptisme [baptême] ; car c’est à cette condition que Dieu considérerait le baptême comme agréable, s’il servait non pour se faire pardonner certaines fautes, mais pour purifier le corps, après qu’on eût préalablement purifié l’âme par la justice.

Des gens s’étaient rassemblés autour de lui, car ils étaient très exaltés en l’entendant parler. Hérode craignait qu’une telle faculté de persuader ne suscitât une révolte, la foule semblant prête à suivre en tout les conseils de cet homme. Il aima donc mieux s’emparer de lui avant que quelque trouble se fût produit à son sujet, que d’avoir à se repentir plus tard, si un mouvement avait lieu, de s’être exposé à des périls. À cause de ces soupçons d’Hérode, Jean fut envoyé à Machaero, la forteresse dont nous avons parlé plus haut, et y fut tué. Les Juifs crurent que c’était pour le venger qu’une catastrophe s’était abattue sur l’armée, Dieu voulant ainsi punir Hérode

(Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, 18.116-119)

 

Le récit sur Jean-Baptiste contient de nombreux éléments communs aux Évangiles, dont ses prédications à de grandes foules (Matthieu 3.5 ; Marc 1.5 ; Luc 3.7), l’accent mis sur la justice entre les individus (Luc 3.10–14), l’importance du changement d’attitude avant de se faire baptiser (Matthieu 3.2 ; Marc 1.15) et son incarcération par Hérode. Il y a cependant une chose étrange dans le récit de Josèphe, à savoir l’absence d’explication sur la raison pour laquelle la mort de Jean- Baptiste était directement liée à la défaite de l’armée d’Hérode. Ce lien ne peut être établi que si l’on associe les informations des Évangiles et celles de Josèphe.

Josèphe nous apprend que la cause du contentieux entre Hérode Antipas et Arétas était le fait qu’Antipas avait épousé Phasaélis, la fille d’Arétas, dont il avait ensuite divorcé après un long mariage pour épouser Hérodias, l’épouse du demi-frère d’Antipas (Antiquités judaïques 18.110-115).

Les Évangiles nous apprennent que Jean-Baptiste s’était publiquement opposé au remariage d’Hérode (Mt 14.4 ; Mc 6.19 ; Lc 3.19) ce qui lui avait valu d’être arrêté. Lorsque nous nous basons sur les données des Évangiles, le récit de Josèphe devient plus clair : les Juifs faisaient le lien entre la destruction de l’armée d’Hérode et l’exécution de Jean-Baptiste pour la simple et bonne raison que l’exécution de Jean avait été provoquée par son opposition au remariage d’Hérode, ce qui était la cause profonde du conflit. L’explication la plus simple est que nous avons affaire à deux récits fondamentalement véridiques et complémentaires, chacun rapportant une partie d’un ensemble plus vaste d’évènements.

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie, et directeur des formations #Transmettre. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary) et il vient de défendre avec succès sa thèse de doctorat en Ancien Testament (University of Aberdeen). Il est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Guillaume est marié à Elodie. Ensemble, ils sont les heureux parents de Jules.