La nature révèle-t-elle un moyen de salut aux hommes?

 

Question: La nature révèle-t-elle un moyen de salut aux hommes?

Réponse: Puisque les hommes ne peuvent aucunement être sauvés par la lumière de la nature, Dieu a révélé à tous les hommes dès le commencement l’unique moyen de salut. ~ Genèse 3.15

 

Le déisme, dont l’influence se faisait sentir en Angleterre au milieu du 17e siècle, affirmait qu’il était possible d’arriver à une connaissance de Dieu et du salut à partir de la raison humaine et de la nature sans passer par une révélation spéciale. Le déisme récusait aussi l’exclusivité du christianisme en affirmant qu’il était possible d’être sauvé sans nécessairement être un chrétien. Un des arguments du déisme, d’inspiration chrétienne, était qu’il devait nécessairement y avoir d’autres voies de salut que la foi en Jésus-Christ puisque des gens furent sauvés avant sa venue. Voici comment la confession de foi a répondu à ce raisonnement :

(Par. 1) L’alliance des œuvres ayant été détruite par le péché, et rendue inutile pour la vie, il a plu à Dieu d’annoncer la promesse de Christ, la postérité de la femme, comme le moyen par lequel Il appellera les élus, et fera naître en eux la foi et la repentance ; dans cette promesse, l’Évangile, quant à sa substance, a été révélé, et il y est efficace pour la conversion et le salut des pécheurs.

 

Loin de reconnaître l’idée qu’il y eut nécessairement un autre moyen de salut que la foi en Jésus-Christ avant Jésus-Christ, la confession affirme que la foi en Jésus-Christ a été révélée dès le commencement. En s’appuyant sur Genèse 3.15, elle soutient que l’Évangile n’a pas commencé à être annoncé et cru uniquement à partir de l’incarnation, mais depuis la création.

La révélation de l’Évangile ne remonte pas au tout début de la création, mais uniquement après que celui-ci fut rendu nécessaire, parce que « l’alliance des œuvres [fut] détruite par le péché, et rendue inutile pour la vie ». Le plan initial du Créateur était de donner la vie éternelle par l’alliance des œuvres, mais après la désobéissance d’Adam, « il a plu à Dieu d’annoncer la promesse de Christ, la postérité de la femme ». Depuis, c’est uniquement par ce moyen, c’est-à-dire par l’annonce de cette promesse, que les élus furent appelés, se repentirent de leurs péchés et furent justifiés par la foi.

Il n’y a aucun doute que la croix de Christ fut révélée dès la chute de l’homme puisque Jésus est appelé « l’Agneau qui a été immolé dès la fondation du monde » (Ap 13.8). Étant donné que Jésus a paru non « à la fondation du monde » mais « à la fin des siècles » pour effacer le péché par son sacrifice (Hé 9.26), ce n’est que par anticipation qu’il fut révélé comme Agneau immolé dès la fondation du monde. Cependant, la substance de l’Évangile fut efficacement communiquée pour produire la conversion des pécheurs qui entendirent et crurent la promesse génésiaque.

Maintenant, peut-on réellement penser qu’Adam et Ève et leurs descendants possédaient une révélation suffisante en Genèse 3.15 pour devenir chrétiens? D’une part, il est important de reconnaître le caractère progressif de la révélation biblique qui implique que le moindre des saints de la Nouvelle Alliance surpasse le plus grand saint de l’Ancienne Alliance en termes de place dans la progression du plan de rédemption (Mt 11.11). Ainsi, Adam et Ève et les croyants parmi leurs descendants avaient une connaissance moindre de l’Évangile.

Ils étaient cependant en mesure de comprendre que le salut, suite à leur rébellion et chute, était uniquement dû à la grâce de Dieu. Deuxièmement, puisqu’il s’agissait d’une promesse, ils ne pouvaient la recevoir que par la foi seule qui est l’unique moyen de recevoir une promesse. Et finalement, ils savaient que leur salut dépendait de la venue d’un Rédempteur humain qui détruirait le diable et non de leurs propres efforts. Ne possédaient-ils pas l’essentiel du christianisme, à savoir sola gratia, sola fide et solus Christus et ce sur la base seule de la Parole de Dieu?

Dans la mesure où les descendants d’Adam gardèrent cette promesse, y crurent et la transmirent à leurs enfants, l’Évangile s’est répandu parmi les hommes. Partout où cette bonne nouvelle fut mise en oubli et perdue, les hommes n’eurent aucun moyen d’être sauvés. À nouveau, la confession répond dans le paragraphe suivant à des croyances déistes qui affirment qu’en s’efforçant à vivre de leur mieux à la lumière de la nature et de leur intelligence, les hommes ont pu être sauvés ou encore que Christ aurait pu leur être révélé dans la nature :

(Par. 2) Cette promesse de Christ et du salut par lui, n’est révélée que dans la Parole de Dieu ; ni les œuvres de la création, ni la providence, ni la lumière de la nature, ne peuvent découvrir Christ, ou la grâce par lui, même pas d’une manière générale ou obscure. Ceux qui sont privés de la révélation de sa promesse et de l’Évangile sont donc incapables d’atteindre à la foi qui sauve ou à la repentance.

 

La nature révèle l’existence du Créateur et ses attributs de manière à rendre les hommes inexcusables de ne pas adorer le vrai Dieu (Rm 1.20-21). Cependant, elle ne révèle pas le Christ ni le salut qui est offert en lui. Seule l’Écriture révèle l’Évangile. L’unique épée que l’Esprit utilise est la Parole de Dieu (Ep 6.17 ; Hé 4.12) par laquelle il régénère les hommes pour qu’ils puissent entrer dans le royaume des cieux (Jn 3.3 ; Tt 3.5 ; 1 Pi 1.23). Sans la révélation, il n’y a pas de régénération. D’où la nécessité d’annoncer la bonne nouvelle du salut à tous les hommes, en tout lieu et en toute occasion favorable ou non (2 Tm 4.2) :

Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n’ont pas cru? Et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler? Et comment en entendront-ils parler, s’il n’y a personne qui prêche? […] Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. (Romains 10.14,17)

Personne ne peut être sauvé sans invoquer le nom du Seigneur. Personne ne peut invoquer le nom du Seigneur sans qu’on lui prêche ce nom. Personne ne peut être sauvé sans la foi. Personne ne peut avoir la foi sans entendre la Parole du Christ. Voilà pourquoi l’Église du Seigneur a été chargé d’une mission jusqu’au bout de la terre et jusqu’à la fin du monde (Mt 28.19 ; Ac 1.8).

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Pascal Denault est pasteur de l’Église réformée baptiste de St-Jérôme. Il est titulaire d’une Licence (BA) et d’un Master en théologie (ThM) de la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Pascal est l’auteur des livres Le côté obscur de la vie chrétienne (2019, Éditions Cruciforme) – Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia) – Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme) – The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2017 Revised Edition, Solid Ground Christian Books).