Faut-il abandonner les doctrines « d’un autre âge » ?

 

Il est courant d’entendre des critiques contre la « vieille théologie », dépassée par les publications modernes et complètement discrédité par les dernières découvertes. Que devons-nous faire des doctrines les plus fondamentales de la foi chrétienne lorsqu’elles paraissent contraire à l’air du temps ?

Voici la réponse de Spurgeon (Le plus grand combat du monde, 34-35) :

On nous dit qu’il faudra abandonner une partie de notre vieille théologie si nous voulons sauver le reste.

Nous sommes dans une voiture voyageant à travers les steppes de la Russie. Les chevaux courent comme le vent, car les loups sont près ! Les voici ! Voyez-vous leurs yeux de flamme ? Le danger est imminent ! Que faut-il faire ? On nous propose de jeter un enfant ou deux par la portière. Pendant que les loups dévoreront leur proie, nous aurons gagné un peu de terrain. Mais s’ils nous atteignent de nouveau, que ferons-nous ? On nous dira : « Allons, homme courageux, jette ta femme aux loups ! » N’est-il pas écrit : « Tout ce qu’un homme possède, il le donnera pour sauver sa vie » ?

Abandonnons, par conséquent, toutes les vérités de la Bible pour n’en sauver qu’une. Jetons l’inspiration aux critiques, et qu’ils déchirent cette doctrine-là. Jetons-leur la doctrine de l’élection et tout notre vieux calvinisme ! Voilà de la pâture pour les bêtes féroces ! Les hommes prudents qui nous donnent ces sages conseils seront heureux, sans doute, de voir la doctrine de la grâce mise en pièces. Jetons-leur le dogme de la chute, celui des peines éternelles, celui de la prière efficace. La voiture est maintenant fort légère. Encore un effort ! Sacrifions le grand sacrifice ! Jetons aux loups la doctrine de l’expiation !

Mes frères, ces conseils sont lâches et meurtriers. Nous pren- drons tout aux loups, ou nous ne leur prendrons rien. « La vérité, toute la vérité, rien que la vérité », ou rien. Nous ne voulons pas en sauver la moitié en sacrifiant le reste. Nous voulons la Bible entière, ou pas de Bible du tout. On nous dit que si nous fai- sons une concession, nos adversaires en feront aussi. Mais nous nous soucions peu des concessions qu’ils nous feront. Nous ne les redoutons point ; ils ne sont pas vainqueurs comme ils le pensent.

Nous ne demandons point de quartier à leur arrogante faiblesse. Nous sommes de l’avis de ce guerrier à qui l’on voulait offrir des présents s’il consentait à se retirer en paix. Cet homme répondit à ses adversaires : « Les Grecs ne font pas de concessions. Ils mettent leur gloire non pas dans les présents de l’ennemi, mais dans ses dépouilles. » Avec l’épée de l’Esprit, nous maintiendrons, comme nous appartenant en propre, toute la vérité de Dieu, et nous n’en accepterons pas une parcelle comme un présent de ses adversaires.

La vérité de Dieu est, pour nous, la vérité de Dieu, et nous ne la recevons pas parce que l’esprit philosophique consent à l’admettre. Si les savants daignent nous permettre de croire une partie de la Bible, nous leur sommes bien obligés : nous la croyons tout entière, qu’ils le permettent ou non. Leur consentement ne nous est pas plus nécessaire que celui d’un Anglais pour que les Français retiennent Paris, ou que celui d’une taupe pour qu’un aigle ose regarder le soleil. Dieu étant avec nous, nous ne cesserons de nous glorifier ainsi, et nous nous tiendrons debout pour la vérité jusqu’à la fin de notre vie.

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie (SEMBEQ • FTE-Acadia • ITF), et directeur des formations #Transmettre. Docteur en théologie (University of Aberdeen, 2021), il est également titulaire de deux masters (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary). Guillaume est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Son épouse et lui sont les heureux parents de Jules.