Dieu travaille pour le plaisir… et nous ?

 

Mon ami Christophe Argaud, qui dirige la Société Biblique de Genève et les librairies Maison de la Bible, m’a indiqué un excellent ouvrage de Tim Keller dont j’ignorais l’existence en français, Dieu dans mon travail (vous pouvez vous le procurer ici).

Or, puisque tout le monde ou presque est actuellement en vacances (!), il me paraît opportun de vous rappeler que le travail devrait être un plaisir, puisque Dieu prend éternellement plaisir à son ouvrage 🙂

C’est ce que ce court extrait vous rappelle.

 

 

Dès les premières pages, la Bible parle du travail. Cela montre combien le sujet est fondamental et important. L’auteur du livre de la Genèse décrit l’action créatrice de Dieu comme un travail. En fait, il rapporte que le projet magnifique de la création de l’univers s’est réalisé en sept jours, en une semaine normale de travail. Il montre ensuite que dans le paradis originel, l’être humain travaillait. Cette vision du travail – en lien avec la création ordonnée de Dieu et son plan pour l’être humain – n’est pas présente dans toutes les religions et tous les systèmes de croyance du monde.

Le récit de la création que nous rapporte le livre de la Genèse est unique, comparé aux autres récits antiques sur l’origine du monde. Dans plusieurs cultures, l’origine du monde et le début de l’histoire humaine sont le résultat d’une lutte entre des puissances cosmiques opposées. Dans l’Enuma Elish, épopée babylonienne de la création du monde, le dieu Mardouk parvient à tuer la déesse Tiamat et, avec sa dépouille, il crée l’univers. Dans ce récit et d’autres qui lui res- semblent, l’univers visible repose sur un fragile équilibre entre différentes puissances rivales. Dans la Bible, en revanche, la création n’est pas le résultat d’un conflit, car Dieu n’a aucun rival. En effet, toutes les puissances et tous les êtres célestes et terrestres ont été créés par lui et dépendent de lui. Ainsi, la création n’est pas le fruit d’une lutte pour le pouvoir, elle est l’accomplissement du plan d’un Artisan. Dieu a créé le monde, non pas comme un soldat creuse une tranchée, mais comme un artiste crée un chef-d’œuvre.

Selon la mythologie grecque de la création, il y a différents «âges de l’humanité», le premier étant l’âge d’or. Durant l’âge d’or, les hommes et les dieux vivaient ensemble sur terre dans une parfaite harmonie. Cette description ressemble vaguement à celle du jardin d’Eden, mais il est une différence très révélatrice: le poète Hésiode écrit que ni les hommes ni les dieux de l’âge d’or ne devaient travailler. Dans ce paradis originel, «la terre fertile produisait d’elle-même d’abondants trésors». Le récit des premiers chapitres de la Genèse ne pourrait être plus différent. En effet, à plusieurs reprises, il parle du «travail» de Dieu en employant le mot hébreu ml’kh, terme utilisé aussi pour désigner le travail quotidien de l’homme. Comme l’écrivait G.J. Wenham, autre spécialiste de l’Ancien Testament, il est tout à fait «inattendu que l’extraordinaire activité divine nécessitée par la création du ciel et de la terre ait dû être décrite ainsi».

Ainsi, au commencement, Dieu travaillait. Le travail n’était pas un mal nécessaire qui aurait été «ajouté au tableau» plus tard, ni une chose pour laquelle l’être humain aurait été créé mais qui aurait été indigne du grand Dieu. Non, Dieu a travaillé pour le seul plaisir de travailler. Le travail n’aurait pas pu être instauré d’une manière plus glorieuse.

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie, et directeur des formations #Transmettre. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary) et il vient de défendre avec succès sa thèse de doctorat en Ancien Testament (University of Aberdeen). Il est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Guillaume est marié à Elodie. Ensemble, ils sont les heureux parents de Jules.