Dieu a-t-il « dicté » les textes bibliques à ceux qui les ont rédigés ?

 

Les Pères de l’Église, les Réformateurs, et la plupart des évangéliques conservateurs sont régulièrement accusés d’adhérer à une forme ou une autre de « théorie de la dictée », notamment par les théologiens rejetant l’inspiration plénière ou l’inerrance des Écritures.

Kevin DeYoung répond à cette critique dans son livre, Croire Dieu sur parole (Pages 56-57. Pour vous le procurer, c’est ici !)

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On a beaucoup affirmé, et c’est encore le cas aujourd’hui, que les chrétiens conservateurs adhèrent à une théorie de l’inspiration qui relève de la dictée mécanique. Les évangéliques, nous dit-on, auraient pour croyance que les auteurs de la Bible étaient des instruments passifs qui n’ont fait que consigner par écrit, machinalement et sans réfléchir, ce qui leur était dicté du ciel. Bien que ce type d’affirmation soit très fréquent, je n’ai jamais rencontré un seul théologien évangélique qui décrive l’inspiration de cette manière. Il est vrai que les théologiens des générations passées présentaient parfois les Écritures comme étant tellement exemptes de la moindre imperfection que c’était comme si elles avaient été littéralement dictées.

Cette métaphore (qui induisait en erreur plus qu’elle n’aidait à comprendre) était destinée à souligner la perfection de la Bible et certainement pas à décrire le processus réel au moyen duquel les auteurs de la Bible avaient écrit leurs textes inspirés. Au contraire, 2 Pierre 1 : 21 enseigne – comme n’ont pas cessé de le souligner les théologiens évangéliques – que des hommes ont parlé (et écrit) alors qu’ils y étaient « poussés » par le Saint-Esprit.

Dieu s’est servi de l’intelligence, des aptitudes et de la personnalité d’hommes faillibles pour mettre par écrit ce qui était divin et infaillible. Dans un sens, la Bible est un livre à la fois humain et divin. Mais cela n’implique nullement que les Écritures présentent la moindre faillibilité. La double origine de l’Écriture n’impose pas plus l’imperfection que les deux natures du Christ ne signifient que notre Sauveur a forcément péché. Comme le dit Calvin à propos des prophètes : « Loin d’oser annoncer quoi que ce soit de leur propre chef, ils ont suivi docilement l’Esprit en faisant de lui leur guide, lequel régnait dans leur bouche comme dans son propre sanctuaire.

Le verbe traduit par « poussés » au verset 21 est phero. Il est traduit au début du même verset par « apportée » et par « venir » au verset 18. Il exprime un résultat assuré, une conséquence mise en œuvre et garantie par un tiers. Les paroles entendues du ciel (v. 17-18) et celles prononcées par les prophètes (v. 21) avaient en définitive la même origine : Dieu.

B. Warfield explique :

Le terme employé ici [traduit par « pousser » et « apporter »] est un verbe très précis. Il ne faut pas le confondre avec « guider, diriger ou contrôler » ni même avec « conduire » au plein sens de ce terme. Il va au-delà de tous ces mots, dans la mesure où il attribue de façon spécifique l’effet produit à celui qui fait l’action. Ce qui est « apporté » est pris par celui qui apporte et amené par sa force jusqu’à son but. Par conséquent, ce passage déclare que les hommes qui ont parlé de la part de Dieu ont été pris en charge par le Saint-Esprit et amenés par sa propre puissance à agir conformément au but que lui s’était fixé. Ce qu’ils ont déclaré alors sous l’action de l’Esprit venait donc de lui et non d’eux-mêmes. Et c’est la raison qui est donnée pour expliquer que la « parole des prophètes » soit à ce point certaine. Bien qu’ayant été annoncée par l’intermédiaire d’hommes, il s’agit, en vertu du fait que ces hommes ont parlé « comme poussés par le Saint-Esprit », d’une parole directement divine.

Benjamin Warfield, The Inspiration and authority of the Bible, 137.

 

La paternité divine des Écritures n’empêche pas le recours à l’intervention humaine, tout comme la participation humaine n’enlève pas une once de perfection ou de divinité aux Écritures.

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie, et directeur des formations #Transmettre. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary) et il vient de défendre avec succès sa thèse de doctorat en Ancien Testament (University of Aberdeen). Il est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Guillaume est marié à Elodie. Ensemble, ils sont les heureux parents de Jules.