Voici comment le diable vous fait douter de la bonté de Dieu

 

Mon ami Alex et moi lisons actuellement ensemble Le Christ et ses bienfaits, de Sinclair Ferguson, et je dois vous dire que cet ouvrage nous remue sérieusement ! Nous avons d’ailleurs eu l’occasion de discuter de cet ouvrage dans un épisode de Coram Deo (ici) et j’ai également partagé un surprenant extrait dans lequel Spurgeon critique son héros John Bunyan (ici) !

Au détour de notre lecture, nous sommes tombés sur un autre extrait dans lequel Ferguson paraphrase le récit de la chute (Gn 3) en soulignant comment le diable nous amène à douter de la bonté de Dieu. Lisez ce texte, et voyez-vous vous même comme nous sommes si prompts à croire de tels mensonges… Voilà un bon rappel que Dieu est bon pour nous, dès le commencement.

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Dans le jardin d’Éden, le serpent parvint à convaincre Ève et Adam que Dieu était doté d’un esprit étroit et restrictif, s’approchant de la méchanceté. Après tout, murmurait le Serpent, « N’est-il pas vrai qu’il vous a placés dans ce jardin rempli de délices pour vous les refuser maintenant ? »

L’insinuation était double.

Elle avait pour but de faire planer une ombre sur la clarté de la Parole de Dieu : « Vraiment, Dieu vous a dit…? » Ensuite, l’attaque allait s’en prendre à l’autorité de la Parole de Dieu : « Vous ne mourrez pas ! » Mais il y a plus. L’insinuation était une attaque au caractère de Dieu. Car la question du Serpent était porteuse d’un sous-entendu encore plus profondément insidieux : « Quelle sorte de Dieu vous priverait du plaisir et de la joie s’il vous aimait vraiment? Il ne vous permet rien, mais il exige que vous lui obéissiez » (Gn 3.1-4)

Après une première tentative de résistance, les oreilles d’Ève se fermèrent à la Parole de Dieu. La tactique du Serpent consistait à l’amener à voir et interpréter le monde à travers ses propres yeux (ce qu’elle voyait en regardant l’arbre). Ainsi son regard s’est détourné de la surabondance de biens dont Dieu leur avait ordonné de profiter. L’usage de ce verbe est certainement significatif dans ce contexte : la jouissance des fruits est le premier élément du commandement; l’interdiction d’un seul arbre est le second. La tactique du Serpent consistait à amener Adam et Ève à se fixer sur la partie négative du commandement : « […] sauf du fruit de l’arbre du choix entre le bien et le mal. De celui-là, n’en mange pas, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. »

Maintenant, tout ce que voyait Ève était un ordre négatif. Un seul petit objet proche de l’œil peut rendre tous les autres objets, même plus gros, invisibles. L’arbre interdit lui bouchait la vue d’un jardin peuplé d’arbres en abondance. Un seul arbre cachait la forêt. Ses yeux voyaient maintenant un Dieu juge et législateur. Dans son esprit comme dans ses sentiments, la loi de Dieu était maintenant séparée de la grâce de sa Personne. Elle en était venue à penser que Dieu ne lui voulait rien de bon. Elle était devenue myope, rivée à un présent tronqué.

Les conséquences d’une telle théologie sont que si vous devez recevoir quoi que ce soit d’une divinité si misanthrope, il faudra le gagner et le payer. En contraste, ce que le Père dit, c’est :

Je vous donne tout dans ce jardin. Allez et profitez. Mais avant que nous ne partiez, sachez que je vous ai donné tout cela parce que je vous aime. Je veux que vous grandissiez et que vous dévelop- piez votre compréhension et votre amour pour moi. Alors voici le plan : il y a ici un arbre, l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Ne mangez pas de ses fruits.

Je sais – vous voulez savoir pourquoi, n’est-ce pas ?

Voilà, je vous ai faits à mon image. Je vous ai donné des ins- tincts pour jouir de ce qui me réjouit. Ainsi en un sens, vous faites naturellement ce qui me réjouit en faisant ce qui vous donne également du plaisir.

Mais je veux que vous grandissiez en me faisant confiance et en m’aimant pour qui je suis, parce que je suis celui qui est9.

Vous ne pourrez accomplir cela que si vous êtes prêts à m’obéir, pas parce que vous êtes programmés, mais parce que vous voulez me montrer que vous m’aimez et me faites confiance.

Si vous agissez ainsi, vous verrez que vous vous fortifiez et que votre amour pour moi s’approfondit.

Je le sais, faites-moi confiance.

C’est pourquoi j’ai mis cet arbre à cet endroit. Je veux telle- ment que vous soyez bénis que je vous ordonne de manger et de profiter du fruit de tous ces arbres. C’est un commandement! Mais j’ai un autre commandement; il y a une chose que veux que vous fassiez : ne mangez pas du fruit de cet arbre-là.

Je ne vous demande pas de faire cela parce que l’arbre est laid: en fait, il est tout aussi attrayant que les autres arbres. Je ne crée jamais rien de laid10 ! Vous ne pourrez pas regarder le fruit et penser qu’il doit avoir un goût horrible. L’arbre a l’air magnifique. Alors c’est simple. Faites-moi confiance, obéissez-moi, et aimez-moi pour qui je suis et parce que vous profitez de ce que je vous ai donné. Faites-moi confiance, obéissez-moi, et vous prospérerez.

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie, et directeur des formations #Transmettre. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary) et il vient de défendre avec succès sa thèse de doctorat en Ancien Testament (University of Aberdeen). Il est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Guillaume est marié à Elodie. Ensemble, ils sont les heureux parents de Jules.