Sans la résurrection, la mort de Christ n’est rien

 

Voici un rappel très important de Jean Calvin, alors que nous traversons la semaine saint. Sans la résurrection, la mort de Christ n’est rien.

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Puisque dans la croix, la mort et la sépulture de Christ n’apparaît que la faiblesse, il faut que la foi dépasse cela pour être pleinement fortifiée. Ainsi, bien que, en la mort de Jésus-Christ, nous ayons un entier accomplissement du salut – puisque par elle nous sommes réconciliés avec Dieu dont le juste jugement est satisfait, la malédiction a été abolie et nous avons été acquittés des peines que nous encourions – il n’est pas dit, néanmoins, que c’est par la mort de Jésus-Christ que nous avons été «régénérés (…) pour une espérance vivante», mais par sa résurrection (1 Pierre 1.3). Comme lui, en ressuscitant, a vaincu la mort, la victoire de notre foi dépend de sa résurrection.

Les paroles de Paul sont explicites quand il dit que Jésus-Christ est mort pour nos offenses et ressuscité pour notre justification (Romains 4.25). C’est comme s’il disait que, par sa mort, le péché a été ôté et, par sa résurrection, la justice a été instaurée. En effet, comment en mourant aurait-il pu nous délivrer de la mort, s’il y avait succombé? Comment nous aurait-il acquis la victoire, s’il était tombé au combat? C’est pourquoi nous partageons la substance de notre salut entre la mort de Christ et sa résurrection. Nous disons que, par la mort, le péché a été détruit et la mort effacée, et que, par la résurrection, la justice a été établie et la vie vient au jour, et cela de telle sorte que c’est par le moyen de la résurrection que la mort a son efficacité.

C’est pourquoi Paul montre que Jésus-Christ a été déclaré Fils de Dieu par sa résurrection (1.4) parce que, alors, il a déployé sa puissance céleste, qui reflète clairement sa divinité et est le ferme appui de notre foi. Dans un autre texte, il dit aussi que Jésus-Christ a souffert selon la faiblesse de la chair et qu’il est ressuscité par la puissance de son Esprit (2 Corinthiens 13.4). Dans le même sens, traitant de la perfection, l’apôtre Paul dit: «Mon but est de le connaître, lui, ainsi que la puissance de sa résurrection», et il ajoute tout de suite qu’il cherche à être «conforme à lui dans sa mort» (Philippiens 3.9-10). Cela s’accorde très bien avec ce que dit Pierre: «Dieu l’a ressuscité des morts et lui a donné la gloire afin que votre foi et votre espérance soient en Dieu» (1Pierre 1.21), c’est-à-dire non pas que notre foi, étant appuyée sur la mort de Jésus-Christ, chancelle, mais que la puissance de Dieu, qui nous garde dans la foi, se manifeste principalement et se montre dans la résurrection.

 

Souvenons-nous donc que chaque fois qu’il est fait mention seulement de la mort de Jésus-Christ, ce qui concerne la résurrection y est inclus; de même, à l’inverse, quand la résurrection seule est nommée, elle implique tout ce qui se rapporte spécialement à la mort. Mais, parce que Jésus-Christ en ressuscitant a acquis la palme de la victoire, qui fait qu’il est «la résurrection et la vie», Paul explique et maintient, à juste titre, que la foi serait anéantie et l’Evangile ne serait que tromperie et mensonge, si nous n’étions pas persuadés, dans nos cœurs, de la résurrection de Jésus-Christ (1 Corinthiens 15.17). C’est pourquoi, dans un autre passage, après s’être glorifié que la mort de Jésus-Christ nous protège des craintes de condamnation qui nous troublent, il ajoute, pour amplifier son propos: «Jésus-Christ est celui qui est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous.» (Romains 8.34)

Nous avons exposé plus haut que la mortification de notre chair dépend de notre participation à la croix de Christ; il nous faut, maintenant, comprendre qu’il y a un autre fruit qui lui correspond et qui provient de sa résurrection. Nous avons été ensevelis avec lui dans la mort, afin qu’étant participants de sa résurrection «nous marchions en nouveauté de vie» (6.4-5). C’est pourquoi, ailleurs, il déduit de ce que nous sommes morts avec Christ que nous devons mortifier nos corps sur la terre, et de ce que nous sommes ressuscités avec Christ que nous devons chercher «ce qui est en haut» (Colossiens 3.1-5). Par ces paroles, l’apôtre nous exhorte à mener une nouvelle vie à l’exemple du Christ ressuscité, et il nous apprend que c’est par sa puissance que nous sommes régénérés pour la justice.

 

La résurrection a une troisième utilité: les arrhes de la résurrection que nous avons renforcent notre assurance en notre propre résurrection, puisque celle de Christ en est le fondement et la substance, comme cela est dit dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 15.

Il faut aussi noter, en passant, que Christ est ressuscité des morts, ce qui signifie qu’il a souffert la même mort que les autres hommes et qu’il a reçu l’immortalité dans la même chair mortelle qu’il avait revêtue.

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie, et directeur des formations #Transmettre. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary) et il vient de défendre avec succès sa thèse de doctorat en Ancien Testament (University of Aberdeen). Il est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Guillaume est marié à Elodie. Ensemble, ils sont les heureux parents de Jules.