L’idolâtrie est avant tout un problème de coeur

 

Nous avons déjà eu l’occasion de citer Tim Keller et son excellent livre Les idoles du coeur (ici). Je lis actuellement le livre du même nom écrit par David Powlison, qui aborde le problème sous l’angle du counseling biblique, et son constat est très semblable :

La notion d’idolâtrie émerge le plus souvent lors de discussions relatives à l’adoration réelle d’images physiques ou à la créa- tion de faux dieux. Mais les Écritures abordent au moins deux grandes perspectives du thème de l’idolâtrie qui sont pertinentes à la présente analyse.

Tout d’abord, la Bible intériorise le problème. « Les idoles du cœur » sont dépeintes explicitement dans Ézéchiel 14.1-8. L’adoration d’idoles tangibles est l’expression inquiétante d’un cœur qui a déjà abandonné l’Éternel, son Dieu. La métaphore des « idoles du cœur » en est une parmi tant d’autres qui décrivent l’usurpation du trône qui appartient à Dieu seul dans le cœur humain. Cette métaphore établit un lien indissoluble entre les caractéristiques particulières du cœur et celles du com- portement : mains, langue, et tous les autres membres.

De même, le premier grand commandement qui consiste à « aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée, et de toute sa force » illustre l’aspect intérieur essentiel de la loi en ce qui a trait à l’idolâtrie. Le langage de l’amour, de la confiance, de la crainte, de l’espérance, des aspirations et du service, termes qui dépeignent tous une relation avec le Dieu véritable, est constamment employé dans la Bible pour décrire nos amours illégitimes, nos faux espoirs et nos faux maîtres, ainsi que nos confiances, nos craintes et nos quêtes illusoires.

L’Ancien Testament utilise le mot « idolâtrie » pour définir notre éloignement de Dieu. Le Nouveau Testament emploie plutôt le terme « désirs » (epithumiai) pour décrire ce même éloignement. Les deux termes résument l’ultime problème des êtres humains. Ainsi, le langage de la problématique des « désirs » dans le Nouveau Testament est un prolongement spec- taculaire du dixième commandement qui interdit la convoitise (epithumia). En outre, le dixième commandement intériorise le problème du péché et le rend « psychodynamique ». Il met à nu la nature cupide et exigeante du cœur humain que Paul décrit de manière puissante dans Romains 7. Par conséquent, il n’est pas étonnant que le Nouveau Testament fusionne le concept de l’idolâtrie et celui des désirs immodérés qui régissent l’existence.

L’idolâtrie est un problème du cœur, une métaphore qui illustre la convoitise de l’être humain, ses envies insatiables, ses désirs ardents et ses exigences cupides.

(D. Powlison, Les idoles du coeur et la foire aux vanités, Impact, 2021. À vous procurer ici)

 

 

Davantage d’extraits à venir dans les prochaines semaines !

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie (SEMBEQ • FTE-Acadia • ITF), et directeur des formations #Transmettre. Docteur en théologie (University of Aberdeen, 2021), il est également titulaire de deux masters (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary). Guillaume est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Son épouse et lui sont les heureux parents de Jules.