Trois arguments suggérant que l’Exode est une « nouvelle création »

Alors que j’enseigne actuellement un cours de théologie biblique de l’Ancien Testament pour le compte de SEMBEQ, j’ai consulté différentes ressources associées à cette discipline en pleine expansion dans les cercles évangéliques. C’est ainsi que j’ai découvert un ouvrage collectif édité par Miles Van Pelt, A Biblical Theological Introduction to the Old Testament, publié chez Crossway. Les chapitres sur Genèse et Exode, écrits par John D. Currid, sont tout simplement exceptionnels.

Currid rappelle notamment que les dix plaies d’Egypte, un thème déjà traité sur LBC (voir ici), mais également que l’ensemble du livre de l’Exode présuppose le Dieu créateur de Genèse 1. Voici trois arguments (non exhaustifs) qui appuient cette thèse.

 

Argument #1 – Le mandat créationnel

Dans le premier paragraphe du livre de l’Exode, l’auteur écrit que « les enfants d’Israël furent féconds et multiplièrent, ils s’accrurent et devinrent de plus en plus puissants. Et le pays en fut rempli » (Ex 1.7). Cette affirmation, qui pose le cadre de l’ensemble du livre, utilise cinq verbes hébreux qui font écho à un langage créationnel, en particulier au mandat de Genèse 1.28.

L’auteur fait intentionnellement référence à la Genèse pour souligner que les Hébreux, alors qu’ils étaient en Egypte, accomplissaient ce mandat et qu’à ce titre Israël faisait figure de « second Adam ».

 

 

Argument #2 – L’arche et la caisse

Après que Moïse soit né et que sa mère ne puisse pu le cacher aux autorités d’Egypte, cette dernière le place dans une « caisse » (Ex 2.3). Le terme utilisé, tebah, est utilisé 24 fois dans la narration du déluge pour désigner l’arche. De plus, la mère de Moïse enduit cette caisse de « bitume et de poix », exactement ce que Noé a fait avec l’arche (cf; Gn 6.14).

Le texte du déluge contient une séquence de décréation/re-création (j’entend écrire en détail sur ce point… un jour!) lors duquel Dieu réitère le mandat créationnel de Genèse 1.28 à Noé, le faisant ainsi un second Adam (Gn 9.1). Ce décret est semblable à celui que les Hébreux sont en train d’accomplir en Exode 1.7. En d’autres termes, l’auteur de l’Exode présente la délivrance d’Israël comme une re-création.

 

 

Argument #3 – La traversée de la mer

Le récit de la traversée de la mer des joncs est arrangé conformément aux textes de la création issus de la Genèse. Warren Gage (The Gospel of Genesis, 20-21) fait les observations suivantes :

La « création rédemptive » d’Israël lors de l’épisode de la mer est présenté de la même manière que le récit original de la création : la colonne de la présence divine fait briller la lumière dans l’obscurité (Ex 13.21; cf. jour 1), les eaux sont divisées (Ex 14.21; cf. jour 2), et la terre sèche émerge (Ex 14.29, cf. jour 3).

Les textes bibliques enseignent que la séparation de la mer des joncs (et même l’ensemble de l’évènement de l’Exode) est une seconde création.

 

Il est notoire que les livres de la Genèse et de l’Exode sont interconnectés, directement associés. Mais ce type d’observation dénote du niveau d’imbrication de ces livres. Nous aurons certainement d’autres opportunité de noter les nombreux parallèles qui existent !

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur de l'Église réformée baptiste de la Trinité, à Montréal (Québec, Canada). Il s'intéresse particulièrement à l'exégèse et à l'intertextualité de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).