Toutes les formes d’esclavage ne sont pas identiques

 

Pascal Denault réfléchissait hier sur la question de l’esclavage dans la Bible dans le cadre de notre culte de confinement. C’est un sujet difficile, mal compris, dont les implications sont nombreuses. Il apparait que la plupart des incompréhensions sont le fruit d’une forme de « présentisme » (pardonnez le néologisme) : une lecture de l’esclavage antique à la lumière de sa version moderne. La traite des peuples d’Afrique subsaharienne s’étendant du XVème au XIXème siècle et, plus récemment, les marchés aux esclaves libyens deviennent inconsciemment la grille de lecture des passages bibliques qui évoquent le sujet.

Pourtant, toutes ces situations sont loin d’être équivalentes, comme le souligne Rebecca McLaughlin (Confronting Christianity: 12 Hard Questions for the World’s Largest Religion, 2019, p.189, 2019)

« Il existe au moins trois différences entre l’esclavage antique et les manifestations plus modernes de l’esclavage. Premièrement, l’esclavage ancien n’était pas lié à une hiérarchie raciale. Hagar était une esclave égyptienne appartenant à des Hébreux ; Joseph était un esclave hébreu appartenant à des Égyptiens.

Deuxièmement, il était courant pour les hommes et les femmes de cette époque de se vendre en esclavage, car cela représentait une forme d’emploi souvent préférable à la misère de la pauvreté.

Troisièmement, si de nombreux esclaves du monde antique ont sans aucun doute souffert une brutalité et une exploitation comparables aux nombreuses victimes de l’esclavage africain en Amérique, il était également possible de progresser au sein même du statut d’esclave et d’en sortir – au point même de devenir un haut fonctionnaire. »

 

Vous vous souvenez certainement de l’histoire de Joseph, lui-même esclave qui trouva grâce aux yeux de Potiphar, son maître. Ce dernier « l’employa à son service, l’établit sur sa maison, et lui confia tout ce qu’il possédait » (Gn 39.4). Et alors qu’il était devenu le deuxième personnage d’Egypte, il vit tous les Egyptiens s’offrir à lui (Gn 47.19-20). De toute évidence, il était préférable pour les Egyptiens d’être esclave de Pharaon plutôt que d’être seuls face à la famine.

Nous devrions garder ces éléments en tête, lorsque nous interprétons les différents passages bibliques qui traitent de l’esclavage. Gardez en tête également que souligner ces distinctions ne revient pas à approuver la pratique de l’esclavage, quelle qu’elle soit. Il s’agit simplement d’une catégorisation utile pour interpréter les textes bibliques.

Plus d’informations dans la prédication ci-dessous.

 

 

Retrouvez l’excellente prédication de Pascal Denault :

 

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie dans différentes institutions montréalaises (Québec), et directeur des formations #Transmettre. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary) et il vient de défendre avec succès sa thèse de doctorat en Ancien Testament (University of Aberdeen). Guillaume est marié à Elodie. Ensemble, ils sont les heureux parents de Jules.