Cinq raisons d’étudier les alliances bibliques

 

C’est un sujet récurrent sur Le Bon Combat, et c’est également le thème de notre prochaine formation #Transmettre : la doctrine des alliances. Certains nous reprocheront sans doute de radoter ! Nous avons produit tellement de ressources à ce sujet, pourquoi surenchérir ?

Voici cinq bonnes raisons, non seulement de consulter les ce que nous avons déjà publié, mais également de considérer sérieusement l’oportunité vous former sur ce sujet si important.

 

 

Pourquoi étudier les alliances bibliques ?

 

1- Parce qu’il s’agit du moyen par lequel Dieu entre en relation avec l’humanité

Lors de la création, Dieu fait l’homme et la femme à son image (Gn 1.26-28), place sa loi dans leurs coeurs (Ro 2.15), et leur donne un commandement spécial duquel dépend la pérennité de l’ensemble de la création (Gn 2.17).

Tous les ingrédients d’une « alliance de la création », n’est-ce pas ? C’est en tout cas ce que pensent les théologiens réformés, dont l’approche est parfois appelée « fédéralisme » (voir ici)

Mais tout le monde n’est pas de cet avis ! L’existence d’une alliance entre Dieu et Adam est même l’un des point les plus âprement débattus de la dogmatique chrétienne. Or, il est fondamental : la réalité (ou l’absence) d’une alliance des origines conditionne fortement notre lecture de la Grande Histoire

 

 

2- Parce que les alliances structurent l’histoire de la rédemption

Pourquoi notre interprétation de la Bible dépend-elle de notre compréhension des alliances ? Parce qu’elles forment la charpente de la Grande Histoire. L’interconnexion des alliances – leurs relations mutuelles – oriente la révélation progressive et et sert de fil conducteur jusqu’à la manifestation de Jésus-Christ.

Prenons l’exemple de deux alliances « bibliques » (explicitement mentionnées dans les Écritures) et de la relation qu’elles entretiennent :

• L’alliance abrahamique encadre la promesse à Abraham d’une descendance naturelle et du territoire que Dieu donnera à cette postérité (Gn 12). Mais elle inclut également la promesse d’une descendance spirituelle, c’est à dire Christ (cf. Ga 3.16), établit le rôle clé de la foi dans la justification (Gn 15), et précise la nature de cette foi – une confiance qui se manifeste par des oeuvres d’obéissance (Gn 22 ; Jc 2).

• L’alliance mosaïque, quant à elle, prolonge les promesses faites à Abraham, notamment en perpétuant le signe de la circoncision (cf. Gn 17). Cependant, toutes les promesses de l’alliance abrahamiques ne sont manifestement pas contenues dans l’alliance « sinaïtique ». Que est donc le degré de continuité entre ces deux alliances ? Peut-on par exemple affirmer que l’alliance mosaïque contient un moyen de salut ?

 

Ces questions ne sont qu’un maigre aperçu des nombreux points de désaccord, dont les conséquences sont autant théologiques que pratiques.

 

 

3- Parce que notre compréhension des alliances influence notre sotériologie

– « Penses-tu qu’une possibilité de régénération existait dans l’ancienne alliance ? » a un jour demandé l’un de mes amis. Cette question, à laquelle je ne pouvais répondre, a marqué le point de départ de ma réflexion en la matière.

Quand Jésus dit à Nicodème « tu es docteur d’Israël et tu ne sais pas [ce qu’est naître de nouveau] ? » (Jn 3.10), fait-il référence à une expérience qui existait déjà dans l’Ancien Testament ? L’Esprit habitait-il le croyant de manière permanente, avant la venue de Jésus ? Comment donc les péchés pouvaient-ils être pardonnés puisque les sacrifices ne pouvaient suffire (cf. Hé 10) ?

Toutes ces questions sont liées à la doctrine du salut et dépendent, là encore, de la relation qu’entretiennent l’ancienne et la nouvelle alliance.

 

 

4- Parce que notre compréhension des alliances bibliques influence notre éthique

Toujours sur le même thème du rapport entre continuité et discontinuité, la question de l’actualité de la loi pour le chrétien divise les théologiens évangéliques.

Les défenseurs de la Théologie de la Nouvelle Alliance (TNA) soutiennent que le chrétien est assujetti à une loi révélée dans le Nouveau Testament : la loi de Christ. La théologie réformée classique défend quant à elle la division tripartite de la loi.

De ces deux systèmes dépendent plusieurs questions sous-jacentes : certains péchés sont-ils plus « graves » que d’autres ? La loi du Nouveau Testament est-elle plus exigeante ? Quid du divorce-remariage ? Etc.

 

 

5- Parce que notre compréhension des alliances bibliques détermine notre ecclésiologie

Nous en avons débattu en long et en large sur notre blog : la doctrine des alliances est le fondement de la pratique du baptême. Les pédobaptistes voient un lien de continuité entre la circoncision et le baptême, lien que les crédobaptistes s’empressent de rejeter. En conséquence, les premiers s’assurent de baptiser les croyants et leurs enfants, tandis que les deuxièmes n’administrent le sacrement qu’aux professants.

Mais la question du baptême est l’arbre qui cache la forêt : qui doit être considéré comme membre de l’Église ? Qui peut recevoir la cène ? Et plus généralement, comment gérer nos divergences au sein de l’Église locale, quand elles surviennent ?

Toutes ces questions dépendent une fois de plus de notre compréhension de la doctrine des alliances.

 

 

 

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#Transmettre propose ce mois-ci un cours de Théologie des Alliances enseigné par Pascal Denault. Il vous permettra de perfectionner votre approche de la dogmatique et de la structure de l’histoire de la rédemption.

Pascal est spécialiste du sujet – il en a fait son domaine principal de recherche. Sa thèse de master (Th.M) a été publiée en anglais sous le titre The Distinctiveness of 17th Century Baptist Covenant Theology, un ouvrage traduit en Français sous le titre Une alliance plus excellente (Publications Chrétiennes).

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Guillaume Bourin est pasteur, professeur de théologie, et directeur des formations #Transmettre. Docteur en théologie (Ph.D., University of Aberdeen, 2021), il est l'auteur du livre Je répandrai sur vous une eau pure : perspectives bibliques sur la régénération baptismale (2018, Éditions Impact Academia) et a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Guillaume est marié à Elodie et est l'heureux papa de Jules et de Maël