4 questions à Matthieu Salmeron sur la mission mondiale… depuis la France !

Matthieu Salmeron organise du 24 au 26 janvier 2020 une importante conférence sur la mission mondiale et les peuples non-atteints, avec Manu Renard et Benjamin Short. Nous lui avons posé nos traditionnelles 4 questions.

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Guillaume Bourin (GB) : Peut-on réellement dire que la mission de Matthieu 28.18-20 s’applique à chaque chrétien ?

Matthieu Salmeron (MS) : Oui, et j’en suis convaincu pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il me semble clair que l’auditoire de Jésus dans ce passage n’est pas seulement constitué des onze apôtres, mais d’un grand nombre d’autres personnes venues pour l’écouter, certaines même visiblement sceptiques. Jésus n’a donc pas choisi de se cacher avec les onze, à l’abri des regards. Cependant, il semblerait que les apôtres soient aux premières loges. Cela me rappelle la stratégie d’évangélisation de Jésus : se concentrer sur un nombre restreint d’hommes, les pionniers de l’Église, pour s’assurer que le schéma se reproduise de manière exponentielle.

Et c’est ce schéma qui m’intéresse. Jésus leur demande de faire des disciples parmi tous les peuples, et de leur transmettre tout ce qu’il leur a prescrit. Et ce qu’il leur prescrit c’est de faire des disciples. C’est donc un cercle vertueux ! Il envoie ses disciples faire d’autres disciples qui eux-mêmes feront d’autres disciples, et ce dans ​tous ​les peuples. Ainsi, personne n’est mis à l’écart de ce grand mandat. C’est donc le projet de l’Église. Il a démarré avec onze personnes, suivies de près par des dizaines d’autres, puis des centaines et des milliers autour du monde.

Ceci étant dit, c’est dans la forme que je nuancerais. Tout le monde n’est pas appelé à partir au loin, tout le monde n’est pas appelé à démarrer un projet pionnier, tout le monde n’est pas appelé à faire de l’annonce de l’Évangile un métier à plein temps. Mais je crois que chacun est appelé à répondre à l’appel de Matthieu 28 coûte que coûte, quelques soient ses dons, son contexte, ou sa maturité spirituelle.

(GB) : Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle génération de chrétiens français qui seront les leaders de demain. Se sentent-ils concernés par la mission ?

(MS) : Malheureusement, je crois que la réponse est non. Et ce, malgré le très bon travail des oeuvres missionnaires. Lorsque j’écoute la nouvelle génération parler de mission, je me rends compte que pour eux tout cela n’est que de l’histoire ancienne. Ils ont une image “vintage” de la mission, comme étant un créneau réservé aux anciens. Plus que ça, à l’heure où la mondialisation est à son paroxysme, où les échangent entre les nations se multiplient, où il faut à un pilote 57 heures et 54 minutes pour faire le tour de la planète en avion, il semblerait que dans l’esprit des jeunes, nous ayons fait le tour de la question de la mission.

Le travail est accompli, et la plupart de la population mondiale a entendu parler du salut en Jésus-Christ : voilà le constat fait par une majorité de la jeunesse française. Certes, pour eux, il reste du travail, mais au même titre qu’il reste des personnes qui ne connaissent pas encore Jésus dans leur propre ville. Ils n’ont aucune idée de la notion de peuples “non-atteints”, ces peuples qui n’ont pas la possibilité de découvrir l’Évangile car ils n’ont ni bible dans leur langue, ni Églises, ni chrétiens, ni oeuvre missionnaire active, ce qui n’est pas le cas de la France. Il semblerait donc que l’ADN missionnaire qui parcourait l’ancienne génération se soit volatilisé. Mais je suis aussi encouragé, car je vois une autre minorité de jeunes bouillants pour raviver la flamme missionnaire, à l’origine de diverses initiatives pour mobiliser la jeunesse sur ce grand mandat de la mission mondiale, trop souvent oubliée.

(GB) : Quelles solutions te paraissent envisageables pour motiver les chrétiens francophones pour la mission mondiale ?

J’ai beaucoup voyagé et découvert de nombreuses oeuvres missionnaires, notamment en Afrique de l’Ouest dans des pays francophones. Ce qui m’a toujours marqué, c’est de voir que la plupart de ces oeuvres avaient été démarrées par des américains. J’ai alors réalisé que des américains devaient apprendre le français pour partir dans un pays francophone à notre place. Donc, en effet, nous avons besoin de plus de français qui se lèvent pour la mission. Je crois que les oeuvres missionnaires font un gros travail de mobilisation et de développement de projets et d’implantations d’Églises dans des peuples non-atteints, mais ils se retrouvent comme une fourmi face à un éléphant. Elles ont bien l’expertise et les outils, mais elles manquent d’ouvriers et de visibilité auprès de la jeunesse française. La solution se trouve pour moi dans le partenariat avec les Églises locales.

Je crois profondément que la nouvelle génération n’est pas moins douée que l’ancienne, qu’elle n’est pas non plus moins appelée que l’ancienne, mais je pense qu’elle a besoin d’un petit coup de pouce. Et il me semble que ce dernier doit venir des Églises elles-mêmes. Je connais plusieurs Églises dans lesquelles on ne parle presque pas de mission. Dans d’autres, la mission est un petit comité de trois ou quatre personnes perçu comme un groupe organisant des voyages « folkloriques ». Mais je pense que la mission doit être au coeur de l’Église car la mission est l’Église, comme a dit Marc Spindler : ​«​ L’Église et la mission doivent rester en tension pour que l’Église naisse de la mission et que l’Église à son tour relance la mission jusqu’à la fin des temps ».

(GB) : Tu organises une conférence, Propulsion 2020, les 24, 25 et 26 janvier 2020. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

C’est dans cette optique que nous avons concrétisé notre rêve de créer, en partenariat avec Connect Missions (organisme regroupant un grand nombre d’œuvres et instituts bibliques), un événement qui réunit tous ces ingrédients : faire se rejoindre les oeuvres et les Églises locales pour ensemble propulser la jeunesse vers une mission mondiale. La vision du projet est de passer trois jours ensemble sur le thème de la mission et des peuples non-atteints, tout en utilisant des codes qui parlent aux jeunes, tant dans la forme que dans le fond.

Au programme : des orateurs, de la louange, des ateliers, un grand parcours-expérience en équipes, des défis, des témoignages… tout cela au prix de 10€ (repas compris hors petit déjeuner) et 20€ avec couchage (repas compris). Mais la particularité réside dans le fait que les jeunes auront la possibilité de concrétiser leur réponse à un appel en signant pour un des projets missionnaires court-termes proposés par les œuvres présentes sur place. Nous voulons encourager les Églises locales à inciter les jeunes à venir à l’événement, notre rôle étant de les connecter avec les œuvres missionnaires. Mais notre but n’est pas de faire un événement ponctuel de plus en France, mais bien de créer un mouvement qui aura pour conséquences l’implantation d’Églises dans des peuples non-atteints tout autour de la planète. Les jeunes sont peut-être les leaders de demain, mais ils sont l’Église d’aujourd’hui. À nous de saisir l’opportunité pour envoyer plus d’ouvriers !

 

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