4 questions à Eléonore Every sur les femmes chrétiennes, la langue, et la Bible

Eléonore Every sera l’oratrice de la conférence Chrétiennes Engagées, qui aura lieu le 7 mars 2020 à l’Eglise américaine de Paris. Le thème, « Moi, mauvaise langue ?! Bouche bée devant un Dieu de miséricorde » fait écho à un certain nombre d’encouragements et d’avertissements dans les Ecritures. Nous avons posé nos traditionnelles quatre questions à Eléonore sur ce sujet.

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Guillaume Bourin (GB) : Pourquoi le thème de la conférence Chrétiennes Engagées de cette année porte-t-il sur la langue ? En quoi ce sujet est-il si important ? 

Eléonore Every (EE) : Chrétiennes Engagées est une conférence qui vise des femmes chrétiennes qui veulent que leur vie soit de plus en plus transformée à l’image de leur Seigneur. C’est une journée dédiée à encourager les femmes présentes à soumettre chaque partie de leur vie à la volonté de Dieu.

Cette année le thème de la langue a été choisi parce que souvent nous négligeons cet aspect de notre vie et nous ne soumettons pas notre langue à Dieu parce qu’elle ne semble pas assez importante. Ce n’est pas un sujet dont on entend souvent prêcher, donc nous avons peut-être tendance à nous dire que ce n’est pas grave finalement. Cependant, je sais de ma propre expérience que les paroles peuvent être destructrices et difficiles à contrôler. Je sais qu’une femme chrétienne en apparence peut cacher une langue sauvage qui gâche la grâce qu’elle aurait pu faire aux autres.

Ce sujet est aussi si important parce que notre langue reflète ce qui se passe dans notre vie intérieure. Récemment j’ai été de nouveau interpellée par ce qui est l’essentiel de la volonté de Dieu pour nous. Il ne veut pas simplement que nous ‘réussissons’ notre vie chrétienne ; que nous choisissons A ou lieu de B, ou que nous ayons une apparence religieuse. Mais ce qu’il veut pour nous est plus grand encore ; il veut transformer notre caractère, afin que notre vie intérieure le reflète.  Suis-je un être plein d’amertume ou de grâce ? rempli d’égoïsme ou de compassion ? Que nous le voudrions ou non, nos paroles révèlent ce qu’il y dans notre cœur.

Donc, le sujet de la langue que nous allons aborder lors du 7 mars 2020, est plus grand que simplement les mots qui sortent de ma bouche. C’est une question de qui est révélé comme seigneur dans mon cœur ; le Dieu vivant ou moi-même.

 

 

(GB) : Vous avez choisi de porter votre attention sur l’épître de Jacques. Quel est le lien avec le thème ? 

(EE) : Il y pas mal de passages dans la Bible qui parlent de la langue, de nos paroles, de notre façon de parler. J’aurais pu puiser dans les Proverbes par exemple. Pourquoi choisir le petit livre de Jacques ? Au départ, j’ai choisi Jacques parce qu’il dédie plus qu’un chapitre à notre façon de parler ; ce qui me donnerait pas mal de matériel pour les messages d’une journée !  Puis en creusant le livre entier j’ai vu combien tout le livre est approprié pour le thème du jour.

Si vous lisez le livre en entier – et je vous recommande de le faire, c’est très court et peut être lu facilement dans un après-midi – vous allez remarquer que Jacques veut que notre vie reflète à chaque instant la transformation que Jésus a effectuée pour nous. Il enseigne que notre vie extérieure, révélée par nos paroles, doit briller du pardon que nous avons reçu, doit reproduire la compassion que nous connaissons, doit démontrer l’humilité née d’une vraie connaissance de notre état avant notre salut.  Jacques est très réel et en même temps ne nous excuse pas un instant. Dans les parties qui traitent notre façon de parler il dévoile la réalité des conséquences de nos paroles ; il démasque nos excuses d’avoir jugé, critiqué ou rabaissé quelqu’un ; et en même temps il exige une meilleure manière de parler.

Finalement, ayant étudié tout le livre, j’ai découvert des trésors et des richesses là-dedans que j’ai eu difficile à ne pas inclure dans mes messages pour Chrétiennes Engagées ! J’ai trouvé que tout le livre renforce le message de grâce pour les pécheurs, donc c’était difficile de me limiter à ces quelques chapitres.

 

 

 

 

 

(GB) : Que pouvons-nous faire pour lutter contre notre inclination naturelle à médire et à être une « mauvaise langue » ?

(EE) : Lutter contre notre tendance à médire, à critiquer, à se vanter etc. n’est pas facile. C’est stéréotypique, mais je crois que la langue est un domaine dans lequel nous sommes particulièrement tentées en tant que femmes. A cause d’une confiance croissante en les croyances du féminisme, nous sommes tentées à croire que nous devons lutter pour nous faire entendre, lutter pour avoir le dessus, lutter pour la justice, lutter pour nos droits. Et nos paroles reflètent cette croyance. Nous ne freinons pas notre langue, croyant que nous devons nous faire entendre.

Un premier pas à prendre si on veut confronter sa ‘mauvaise langue’ est de reconnaître qu’il faut lutter contre elle, de reconnaître qu’elle n’est pas une arme qui œuvre pour nous mais une bête sauvage en guerre contre nous. La confession des pêchés commis par notre langue est très important. Pendant la journée du 7 mars je vais élaborer comment une méditation active sur la miséricorde de notre grand Dieu nous aide à montrer la miséricorde envers les autres dans nos paroles. Nous allons aussi examiner comment une bonne compréhension de Dieu le Juge, laisse la place à la compassion au lieu du jugement de notre bouche.

Et surtout il faut prendre conscience du fait que ça ne se fait jamais seule. Nous n’avons pas la force de changer notre langue nous-mêmes, ni la force de changer notre cœur par nous-mêmes. Il nous faut demander que l’Esprit Saint travaille en nous, et il faut rester à genoux devant notre Dieu qui s’oppose aux orgueilleux mais fait grâce aux humbles (Jacques 4,6).

 

 

(GB) : Donne-nous trois raisons à nos lectrices de se joindre à cette conférence ! 

(EE) : Premièrement, venez le jour même pour entendre plus sur les réponses à ces questions ! Ici je n’ai pas pu que toucher la surface de ce que notre Dieu veut nous enseigner à travers son serviteur Jacques. A part les séances plénières, vous pouvez aussi assister à un atelier qui vous aidera à travailler vos paroles dans différentes situations pratiques. Ce sont des moments plus intimes et interactifs pour mieux nous aider à appliquer les enseignements bibliques.

Deuxièmement, il y aura beaucoup d’autres femmes dans la même situation que vous, qui luttent aussi dans ce domaine. Elles vous encourageront à devenir plus comme votre père céleste et mieux vivre pour sa gloire. Les moments de partage et de convivialité font une partie intégrale de la journée et nous fortifie pour les moments plus isolés de l’année. Nous chanterons ensemble, nous écouterons la parole de Dieu ensemble, nous mangerons ensemble et nous grandirons ensemble.

Une troisième raison est la joie de choisir le rôle de Marie. Les femmes chrétiennes ont l’habitude de choisir le rôle de Marthe qui travailla beaucoup. Nous travaillons dans un boulot, nous gérons le ménage et la maison, nous sommes présentes pour les enfants et notre mari, nous sommes impliquées à l’église et à d’autres ministères. Et c’est bien. Mais Jésus veut que nous expérimentions la joie de rester à ses pieds écouter ses enseignements, la joie de laisser de côté les autres identités et tâches qu’il nous a données pour nous rappeler que notre vraie identité est en lui, la joie de se souvenir que nous pouvons tout perdre et finalement il ne nous reste que notre plus grand trésor ; Jésus Christ.

 

(GB) : Merci ! 

 

 

 

 

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